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L’épigénétique chez le nouveau-né : un levier pour la santé future

  • Photo du rédacteur: Eléonore Müller
    Eléonore Müller
  • 11 août 2025
  • 4 min de lecture

L’épigénétique est une discipline encore méconnue du grand public, mais elle mérite toute notre attention, notamment lorsqu’il s’agit de la santé des tout-petits. Elle étudie la manière dont l’environnement influence l’expression de nos gènes. En d’autres termes, si notre ADN constitue le “plan” de notre être, l’épigénétique agit comme un “chef d’orchestre” qui décide quels gènes s’expriment ou non, en fonction des conditions de vie.

Ce domaine de recherche passionnant révèle à quel point les expériences vécues dès les premières heures de vie – et même in utero – peuvent avoir des effets durables sur la santé physique, émotionnelle et mentale. Dans cet article, nous vous proposons d’explorer les principaux facteurs de l’épigénétique chez le nouveau-né, et comment la naturopathie pédiatrique peut jouer un rôle fondamental pour favoriser un développement harmonieux et durable.


Pourquoi les premiers jours sont-ils si déterminants ?

Dès la conception, l’organisme du bébé en développement est très perméable aux influences de son environnement. On parle de plasticité épigénétique : le corps, encore en construction, enregistre les signaux reçus, qu’ils soient bienfaisants ou stressants.

Les 1000 premiers jours, qui s’étendent de la conception aux deux ans de l’enfant, sont donc une période charnière. Certains parlent même de 3000 jours pour inclure les premières années de la petite enfance. Durant cette période, le corps établit des « réglages » épigénétiques qui auront un impact à long terme sur son immunité, son métabolisme, sa régulation émotionnelle ou encore son sommeil.

Ce que l’on vit très tôt dans la vie peut ainsi laisser une empreinte biologique, qui influence nos prédispositions à certaines maladies, mais aussi notre capacité de résilience ou notre rapport au stress.


Quels sont les facteurs qui influencent l’épigénome des tout-petits ?


1. Le lien parent-enfant

Les premières interactions avec les figures d’attachement (souvent les parents) sont fondatrices. La qualité de la présence, du regard, des mots doux, du toucher respectueux influence notamment l’activation des gènes liés à la gestion du stress, comme ceux du système de l’ocytocine.

Quand l’enfant se sent en sécurité, aimé et compris, son système nerveux se régule mieux, son sommeil est plus apaisé et son immunité plus stable. À l’inverse, une carence affective, une séparation brutale ou un manque de réponses empathiques peuvent déséquilibrer durablement cet équilibre.

2. L’environnement émotionnel

Un climat familial serein, des rythmes adaptés à l’enfant, et une attention portée à ses signaux corporels (pleurs, agitation, sourire, sommeil, appétit) favorisent une expression génétique harmonieuse.

Il ne s’agit pas de viser une parentalité parfaite – elle n’existe pas – mais de cultiver un cadre sécurisant et respectueux des besoins fondamentaux : sommeil, nourriture, contact, attention, autonomie progressive.

3. L’alimentation et les soins naturels

Dès la grossesse, l’alimentation de la mère joue un rôle essentiel dans la mise en place de l’épigénome du fœtus.

Après la naissance, le choix de l’allaitement maternel ou le choix du lait infantile, la qualité de la diversification alimentaire, mais aussi le recours à des soins doux (massage, phytothérapie, contact avec la nature) participent à renforcer les forces vitales de l’enfant.

Par exemple, certaines plantes riches en flavonoïdes ou antioxydants soutiennent les fonctions digestives ou immunitaires, tout en agissant indirectement sur la modulation génétique.


4. L’exposition aux polluants

Les perturbateurs endocriniens (présents dans les plastiques, cosmétiques, pesticides…), la pollution de l’air ou encore le stress parental chronique peuvent tous altérer l’épigénome. Ces facteurs environnementaux sont souvent invisibles, mais leurs effets sont profonds.

Dans une approche naturopathique, il est donc précieux de réduire autant que possible ces expositions (choix de produits sains, air intérieur purifié, alimentation biologique, etc.). Pour approfondir, vous pouvez consulter les recommandations de l'OMS sur la santé environnementale des enfants.


Et si on pouvait vraiment prévenir ?

La bonne nouvelle, c’est que l’épigénétique n’est pas figée. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas condamnés par nos gènes. Bien au contraire : chaque jour, par nos choix de vie, nous pouvons soutenir les capacités d’adaptation et d’auto-régulation de notre corps… et de celui de nos enfants.

La naturopathie pédiatrique, par son approche globale et individualisée, offre de nombreux leviers pour cela. Elle s’intéresse au terrain de l’enfant, à ses rythmes, à son histoire de naissance, à ses forces et fragilités. Elle propose des solutions douces, sans jamais nier l’apport de la médecine conventionnelle.

Par exemple :

  • Favoriser un sommeil réparateur adapté à l’âge et au tempérament de l’enfant.

  • Soutenir le système digestif, très impliqué dans l’immunité, par une alimentation adaptée et des plantes digestives douces.

  • Encourager le jeu libre en nature, qui favorise l’ancrage corporel et l’apaisement émotionnel.

  • Valoriser le rôle du parent, en l’aidant à se reconnecter à ses intuitions, sans injonction ni jugement.


Un message de confiance pour les parents

Être parent aujourd’hui, c’est souvent devoir faire face à une avalanche d’informations contradictoires. Pourtant, vous êtes le premier expert de votre enfant. La naturopathie ne donne pas des recettes toutes faites. Elle vous accompagne pour faire des choix éclairés, en conscience, et adaptés à votre réalité.

Se poser la question de l’environnement de l’enfant, de son alimentation, de son rythme, c’est déjà un premier pas. L’essentiel n’est pas d’être parfait, mais d’être présent, à l’écoute, disponible autant que possible.


En résumé

L’épigénétique nous invite à changer de regard : la santé ne se joue pas uniquement dans l’hérédité ou dans le traitement des symptômes, mais dans l’environnement quotidien que nous offrons à nos enfants.

Par des gestes simples, une présence attentive et une hygiène de vie respectueuse, nous pouvons véritablement influencer la qualité de vie de nos enfants aujourd’hui… et de l’adulte qu’ils deviendront demain.


Sources

  • Catherine Gueguen – Pour une enfance heureuse

  • Claude Halmos – L’autorité expliquée aux parents

  • OMS – Recommandations sur le lien mère-enfant

  • Centre national de ressources en parentalité – Dossiers thématiques

  • Revue Nature Neuroscience, 2017 – Effets du stress périnatal sur l’expression des gènes

  • Etudes INRAE/Inserm sur l’impact de l’alimentation précoce et du microbiote

 


 
 
 

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