Épigénétique et périnatalité : semer aujourd’hui les graines de la santé de demain
- Eléonore Müller

- 17 juil. 2025
- 4 min de lecture

Et si notre santé future se jouait dès les premiers instants de la vie ?
Grâce à l’épigénétique, une science en plein essor, nous comprenons mieux comment l’environnement, le mode de vie et les émotions influencent l’expression de nos gènes, sans en modifier le code. Ces découvertes offrent une perspective puissante et porteuse d’espoir, en particulier durant la période sensible des 1000 premiers jours – de la conception jusqu’aux deux ans de l’enfant.
Comprendre l’épigénétique pour mieux accompagner la vie
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nos gènes ne dictent pas tout. L’épigénétique s’intéresse à la manière dont certains facteurs – alimentation, stress, sommeil, environnement, lien affectif – peuvent activer ou désactiver des gènes. Ces mécanismes sont particulièrement actifs au cours de la grossesse et des premières années de vie, une période de grande plasticité biologique et émotionnelle.
C’est durant cette fenêtre de développement que le corps du bébé en construction « lit » les signaux que lui envoie son environnement. Il adapte alors ses systèmes (immunitaire, nerveux, métabolique…) en fonction de ce qu’il perçoit comme étant son futur cadre de vie.
Les 1000 premiers jours : une période fondatrice
Le concept de "fetal programming", mis en lumière par les travaux de David Barker et renforcé par de nombreuses études récentes, montre que les expériences vécues in utero et dans la petite enfance peuvent laisser une empreinte biologique durable. Ces empreintes influencent la façon dont l’enfant réagira au stress, son risque de développer certaines maladies chroniques, ou encore sa capacité à réguler ses émotions.
En d’autres termes : chaque choix, chaque geste de soin porté à la mère ou au jeune enfant devient un levier puissant pour sa santé future.
Les piliers à soutenir pendant la grossesse
Loin d’instaurer une pression sur les épaules des parents, ces connaissances permettent au contraire de mieux cibler ce qui compte vraiment. Voici quelques clés pour accompagner au mieux cette période précieuse :
1. Une alimentation vivante et nourrissante
L’assiette maternelle agit comme un vecteur d’information pour le fœtus. Des nutriments comme les oméga-3, le zinc, le magnésium, les vitamines B (B9 sous forme de 5-MTHF, B12), la vitamine D et les antioxydants sont essentiels à la régulation épigénétique.
Le choix d’aliments frais, variés, riches en fibres et peu transformés, joue un rôle protecteur majeur. En naturopathie, on veille aussi à soutenir les organes d’élimination de la maman pour limiter les surcharges.
2. Un environnement sain et allégé en toxiques
Les perturbateurs endocriniens (présents dans certains plastiques, cosmétiques, pesticides) ou les polluants atmosphériques peuvent altérer le dialogue biologique entre mère et enfant. Réduire leur exposition, sans tomber dans la culpabilité, est un acte de prévention simple et concret.
3. Le soutien émotionnel et la gestion du stress
Le stress chronique active des réponses inflammatoires et hormonales susceptibles d’impacter le développement du bébé. Le lien affectif, les soins, la qualité du sommeil et la présence d’un entourage soutenant sont autant de facteurs apaisants et régulateurs. En consultation, nous proposons des outils doux comme la respiration, la cohérence cardiaque, les élixirs floraux, la réflexologie ou encore des temps de verbalisation.
4. Bouger en douceur
L’activité physique modérée aide à équilibrer la glycémie, à améliorer la circulation, à réduire l’anxiété et à favoriser un bon sommeil. Marcher, pratiquer le yoga prénatal, nager… autant d’alliés simples et puissants.
L’après-naissance : un terrain encore modelable
Une fois l’enfant né, l’épigénétique continue d’agir. L’allaitement, le choix des substituts du lait maternel, le portage, le contact peau à peau, les soins respectueux, les rythmes adaptés et les temps de qualité sont autant d’éléments qui nourrissent le lien d’attachement – essentiel pour le bon développement de son cerveau émotionnel.
De 0 à 2 ans, l’enfant ne verbalise pas, mais il exprime par son corps, ses pleurs, ses regards, ses besoins fondamentaux : être contenu, nourri, touché, entendu.
En naturopathie, nous encourageons les parents à se reconnecter à leurs ressentis et à faire confiance à leur intuition.
Une approche naturopathique : prévention et bon sens
La naturopathie ne remplace pas la médecine conventionnelle mais la complète en apportant une dimension préventive et personnalisée. Elle s’appuie sur l’observation fine du terrain de chacun (force vitale, antécédents familiaux, contexte de vie), et propose des outils simples pour renforcer les capacités d’auto-régulation du corps.
Dans mon cabinet, j'accompagne les parents dans leur globalité. Parfois, c’est l’enfant qui amène son parent à consulter. J'honore cette dynamique et offres aussi aux adultes un espace d’écoute et de recentrage.
En conclusion : semer l’équilibre dès le début
Comprendre l’épigénétique, c’est redonner du pouvoir aux familles. C’est reconnaître que nos gestes du quotidien, aussi simples soient-ils, peuvent contribuer à construire un socle de santé robuste, physique comme émotionnelle.
Et si accompagner les parents avec douceur, clarté et confiance était déjà un acte de prévention puissant ?
Vous attendez un enfant ? Vous traversez les premiers mois de vie de votre bébé et vous avez envie de poser des bases solides et naturelles pour sa santé ?
Je vous accueille en consultation, en toute bienveillance, pour vous guider pas à pas vers un mieux-être global.
Sources
Dieckmann L. et al. (2024) – Stress prénatal et méthylation
Godfrey KM, Barker DJP (2000) – Fetal programming
Mangia G. et al. (2022), Wang Y. et al. (2022) – Placenta et influences épigénétiques
Roseboom TJ et al. (2024) – Développement cérébral et prématurité
Bale TL et al. (2021) – Réversibilité épigénétique postnatale




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